Australie
En ce lundi 14 septembre le 777 de Malaysian Airlines nous propulsait à la rencontre du soleil. Après douze heures de « garde à vue sur nos sièges », les dernières lumières d’un Kuala Lumpur encore ensommeillé s’éteignaient une à une devant nous.
Six heures locales, nous débarquons pour une journée à KL. J’ai vécu trois ans dans cette ville à la fin des années soixante dix et je ne reconnais plus rien. J’ai vu les fondations des tours Petronas s’enfoncer dans la terre et je vois maintenant ces énormes cigares qui défient les nuages, c’est étonnant. La différence de température avec Paris est énorme et l’humidité ambiante est difficile à supporter. Après avoir flâné dans la ville, nous rejoignons l’aéroport en fin d’après midi pour y attendre patiemment le 747 qui doit nous amener à Sydney en huit heures de vol.
22 heures dans la chaude nuit tropicale, le gros oiseau de fer s’enfonce dans le noir après le survol de la ville qui brille de mille feux. Une fois de plus nous partons à la recherche du soleil. Après quelques heures de vol et de sommeil, celui-ci enflamme l’horizon au dessus des nuages. Peter, notre ami australien, est là à l’aéroport, il nous attend. Dans l’après midi, il nous amène au terrain de Wedderburn, pour prendre contact avec notre monture.
Wedderburn est un terrain privé au milieu d’un parc national au sud ouest de Sydney. Une belle piste en dur de 1000 m, enchâssée dans la forêt. Peter me propose un petit vol local vers le terrain voisin de Camden, puis quelques tours de piste. Je n’ai jamais piloté de Mooney. Le « nôtre » est un M20J de 200cv qui répond au nom d’X-ray Papa Tango, précédé de Yankee Bravo symbole de l’Australie.
La prise en mains se passe assez bien, Peter m’a averti des exigences de cet avion en matière de paramètres, je m’applique donc. Les deux ou trois touchers ne sont pas trop catastrophiques et, la nuit tombant, nous nous retrouvons au club house devant une bière locale, la VB (Very Bitter). Après une bonne nuit réparatrice, la journée suivante sera dédiée à la visite de Sydney (jardin botanique, opéra, Harbour Bridge, petite croisière de l’autre côté de la baie).
Vendredi 18 septembre, c’est l’heure de vérité pour moi : après un dernier vol d’entraînement avec Peter, je suis présenté à John qui sera mon testeur et qui doit valider ma licence australienne. Un peu plus d’une heure de vol avec TDP, décrochages, pannes, intégration terrain non contrôlé, et me voilà commandant de bord australien. Le début de l’après-midi sera consacré à l’achat de la documentation de vol à la boutique du pilote du terrain d’Archerfield, un autre aérodrome dans la banlieue de Sydney où John nous accompagne gentiment. La soirée se termine par la découverte de la ville depuis une immense tour lorsque le soleil se couche et que les lucioles émergent de leurs abris.
Samedi 19 commence la grande aventure. Après une soirée du vendredi consacrée à la familiarisation avec les cartes et la documentation aéronautique australienne, c’est aujourd’hui le grand départ. XPT nous attend pour charger son bât des quelques vêtements qui nous sont autorisés. Le Mooney n’est en effet pas une bête de somme, ce sont les fringues ou le carburant et ce dernier bien que nettement moins onéreux que le nôtre, est tout aussi lourd. Donc pour notre premier décollage de Wedderburn, comme nous ne connaissons pas bien l’oiseau, ce sera la masse max et pas un gramme de plus.
La première étape doit nous conduire à Tumut pour un éventuel refueling, puis sur un terrain de la banlieue de Melbourne, Lilydale. Il y a en plus une inconnue administrative car je n’ai pas pu obtenir la fameuse carte de sécurité ASIC qui donne le droit de fréquenter les terrains dits sécurisés (et ils le sont presque tous). Vol sans problème jusqu’à Tumut où il s’avère qu’il n’y a pas de carburant ! À l’aéroclub, on nous indique un terrain proche où nous pourrons ravitailler, mais il n’y a pas d’urgence et nous mettons le cap directement sur Lilydale.
En tout, presque trois heures pendant lesquelles nous pouvons apprécier les qualités du Mooney en croisière : 145 à 150 kt pour 37 l/h ! Nous survolons ainsi des centaines de NM et nous franchissons… les Pyrénées Ranges, eh oui ! Nous n’en avons pas l’exclusivité. Arrivée à Lilydale sur une piste en herbe un peu rugueuse, nous aurions mieux fait de prendre celle de gauche qui était meilleure. L’accueil de la Lilydale Flying School à laquelle on s’adresse, l’aéroclub étant fermé, est assez froid. Le lendemain, visite de Melbourne où nous louons une voiture, et départ pour la « Great Ocean Road », une merveille de la nature qui s’étend sur des centaines de km.
C’est lors de cette étape que nous ferons une des rencontres les plus marquantes de notre séjour.
Nous rentrions vers Melbourne et commencions à chercher un motel pour la nuit quand une pancarte attira mon attention : « airfield » : virage à gauche sur une route de terre avec quelques remarques inquiètes à l’arrière du véhicule, du genre « où est ce que tu nous emmènes encore ? » mais je résiste malgré les flaques d’eau. Au bout, une piste en terre, quelques hangars fermés et une porte ouverte : on s’approche, « anybody ? » Un monsieur émerge de l’âme de son Beech 23 et nous accueille étonné, mais le sourire aux lèvres : « I am Brian. » Nous nous présentons et expliquons notre présence, la discussion s’engage : « nous sommes des pilotes français, et nous aimerions quelques conseils. » Brian sort sa doc, nous fait miroiter mille terrains dans les lieux les plus reculés de l’Australie. Ils ne sont malheureusement pas tous accessibles en Mooney, mais il nous en recommande quelques uns tout à fait faisables.
Il fait des listes, des croquis, nous donne des adresses et puis se met brusquement à réfléchir : « attendez, j’appelle ma femme, vous venez ce soir à la maison et nous aurons le temps de parler car là j’ai trop de choses à vous dire. » Nous passerons donc la soirée et la nuit chez Brian et Sendrena qui tient une galerie d’art à Anglesea. Nous nous endormirons ce soir-là la tête pleine de tous les endroits que Brian nous a décrits. Il téléphonera aussi à un ami à lui, Julian, ancien pilote de Quantas comme lui, à qui il demande de nous rencontrer à Adélaïde. Ce jour-là, la chance était avec nous, cette rencontre est vraiment inoubliable et j’espère bien qu’un jour nous verrons Brian ici en France.
Mardi 22 septembre. Vol programmé Lilydale-Goolwa, terrain situé au sud d’Adélaïde. Nous revenons vers notre avion et demandons un refueling à la Lilydale Flying School. Réponse avec un geste du nez : « the fuel station is over there. »
Nous poussons l’avion jusqu’à la source pour constater que nous n’avons aucun moyen de l’utiliser, cette dernière n’acceptant aucune des cartes en notre possession et pourtant nous avons toute la panoplie, BP, Shell, Mobil… Heureusement, un pilote français installé dans le coin et travaillant à cette école vient à notre secours en dénichant la clé dans un container poubelle situé derrière la pompe…
Nous aurions bien aimé survoler la Great Ocean Road sur notre chemin vers Adélaïde, mais le détour nous obligeait à une escale intermédiaire pour refueler et c’était très compliqué. Nous ne rejoindrons donc la côte en ligne droite que 100 nm avant notre point d’arrivée pour survoler une plage longue de 100 NM !!!
À l’arrivée, notre GPS, n’appréciant pas les manipulations auxquelles je le soumets, décide de se mettre en grève. Nous chercherons donc et trouverons le terrain de Goolwa « à l’ancienne ». Il faut dire honnêtement que cela ne comportait pas beaucoup de difficultés. Ici nous sommes accueillis par Geoff, le propriétaire des lieux.
Geoff va nous louer sa voiture, et quand je lui demande les papiers au cas où la police m’arrêterait, il me donne sa carte de visite avec pour tout commentaire : « vous montrerez ça ». Visite d’Adélaïde, de ses beaux bâtiments coloniaux, de ses jardins verts autour du centre ville et de son admirable musée de la culture aborigène.
Une petite promenade dans les collines à l’est de Melbourne nous permettra de voir nos premiers kangourous et de manger, dans un village peuplé de descendants d’immigrants allemands, un sandwich à la choucroute !
Le soir, rencontre avec Julian à Adélaïde autour d’un repas italien. Lui aussi nous donne des tas de tuyaux et nous réserve, auprès d’un ami pilote qui tient un motel dans les Flinders Ranges, deux chambres pour deux nuits en prévoyant notre accueil dans les moindres détails.
La météo du lendemain n’est pas très fameuse, pluie, quelques grêlons, rafales de vent à 35 kt enfin les giboulées de mars en septembre ce qui est normal ici. Donc nous irons visiter Kangaroo Island située au sud à trois quarts d’heure de ferry de la côte. La nature y est intacte et merveilleuse, à l’extrémité nord les « Remarquables Rocks » sont étonnants, des phoques batifolent dans l’écume des vagues ou se chauffent en attendant un rare soleil.
Le lendemain, la situation météo s’adoucit un peu, nous restituons sa voiture à Geoff et changeons de monture, car XPT nous attend. Julian m’avait dit : « pour traverser la zone d’Adélaïde tu demandes un transit verticale 6000ft » mais aujourd’hui avec des barbules entre 1500 et 2000ft ça risque de changer la donne.
« XPT request airways clearance for a transit overhead your field 2000ft » dis-je dans un australien hésitant.
Réponse : « vous êtes autorisé verticale pas en dessous de 3000ft »
Là ça se complique, je dis que je vais essayer un trou pour monter à 3000ft ! Le contrôle, comprenant mon problème, me demande de rejoindre la côte. Il s’en suivra un petit ballet d’allers-retours, de changements de cap et de 360° qui durera un petit quart d’heure afin de laisser décoller plusieurs trafics avant de pouvoir couper les axes.
Enfin, cap sur Port Augusta pour un ravitaillement avant le grand bond vers le désert. Julian avait averti un ami à lui, qui est là pour le refueling. Décollage pour Balkanoona. Ce terrain ne figurant pas dans la base de données de nos GPS, nous l’avons entré manuellement. Deux heures de vol sont prévues et nous disposons de 4 heures de carburant à bord. Le terrain de destination ne permet pas de ravitailler, il faudra avoir l’autonomie pour faire une heure de vol de plus.
Au bout d’un peu plus d’une heure de navigation, Bernard m’alerte sur le fait que nous aurions dû voir une ville et un terrain et que nous n’avons rien vu… PA enclenché, nous revérifions les coordonnées, nous refaisons les calculs et nous ne trouvons pas d’erreur. Je cogite sur toutes les éventualités compte tenu de notre réserve en carburant et nous décidons de poursuivre. A l’heure dite un terrain se présente devant nous, procédure d’arrivée, atterrissage sur une mauvaise piste, et des gens qui viennent vers nous et nous expliquent qu’il n’y a rien ici et que la piste de Balkanoona est à environ deux km au nord ! Peu fiers de notre performance, nous redécollons pour voir presque instantanément notre vraie destination. Bonne leçon, je ne recommencerai plus c’est promis.
Notre ami Julian avait fait des arrangements pour que l’on vienne nous chercher en 4X4 à notre arrivée, mais il n’y a personne et le terrain ne comporte qu’une piste et une antenne avec une boîte accrochée dessus qui bippe sans arrêt. Nous sommes un peu inquiets bien que certains cette fois-ci d’être au bon endroit puisqu’une pancarte indique le nom des lieux. Au bout d’une demi heure, nous apercevons au pied des montagnes, au loin, une « fumée » qui semble se déplacer, donc peut être un véhicule sur une piste ? Effectivement, une vingtaine de minutes après, un 4X4 arrive.
Nous faisons bien sûr un chaleureux accueil à son conducteur car la perspective qui nous avait un instant effleurés de rester toute une nuit en ces lieux n’avait rien de réjouissant. Il se dirige vers la boîte « bipante » et raccroche le micro d’une radio qui se trouvait à l’intérieur. nous ne sommes décidément pas encore au fait de beaucoup de choses.
Destination le motel dans les montagnes, par des pistes très bien entretenues qui permettent à notre véhicule des vitesses de 100 – 120 km/h avec quand même quelques soubresauts au passage des dos d’ânes. Julian, qui avait décidément bien fait les choses, avait réservé pour nous un « tour » en 4X4 sur les crêtes des montagnes, expérience inoubliable quant aux possibilités de ces véhicules qui par endroits franchissent des tronçons de piste ressemblant à des escaliers.
L’une des plaies de l’Outback (les australiens appellent ainsi ces régions reculées), ce sont les mouches, elles vous poursuivent partout. Certains se munissent d’un chapeau, prolongé par un voile comme les apiculteurs, pour leur échapper. Elles ne piquent pas, mais le contact avec la peau du visage de ces nuées d’insectes est des plus désagréables. De nombreux géologues amateurs ou professionnels fréquentent cette région des Flinders Ranges. Il suffit d’acheter une licence de prospecteur et on peut partir à la recherche de pierres précieuses.
Après deux jours dans les montagnes, il est temps de rejoindre XPT qui nous attend patiemment en solitaire sur le terrain de Balkanoona. Un descendant d’aborigène nous y conduit en 4X4, et dès l’arrivée il pointe son index vers l’horizon qui rougit : « C’est pas bon ça, il va falloir monter vite ». En effet, les prévisions météo nous laissaient entendre que des vents de poussière étaient possibles sur notre route.
Nous ne traînons pas. Après avoir demandé à notre chauffeur de rester jusqu’à notre décollage (on ne sait jamais !), nous expédions le chargement des bagages, la prévol, le bilan carburant et nous nous retrouvons rapidement en l’air pour pointer le cône d’hélice vers le désert brûlant.
Le Mooney n’est à mon goût pas très vaillant en ce qui concerne le taux de montée, si bien que nous voyons petit à petit disparaître l’horizon dans une poussière tantôt rose tantôt grise en fonction de la direction dans laquelle on regarde. Cette fois-ci, ça y est, on est carrément dedans, cela nous rappelle un peu notre raid 2008 au Sénégal ; le sol n’étant que peu visible et notre destination peu éloignée, je redescends vers 2500ft ce qui me permet de retrouver le contact visuel avec la planète si je regarde juste au dessous de l’avion. Nous volerons presque une heure dans ces conditions avec une courte interruption lors du survol d’un grand lac salé.
Notre destination, Broken Hill, est proche maintenant, nous sommes accrochés becs et ongles à notre GPS qui a l’air d’être sûr de lui. La ville apparaît et bientôt, après quelques fausses alertes, la piste. Posé, roulage vers la pompe et ravitaillement automatique avec une de nos cartes.
Prochaine étape, Bourke. Pour les australiens, c’est le trou du c… du monde ! Pour nous, avant de nous y plonger, ce sera de nouveau l’épreuve de la poussière pendant une heure environ, l’atmosphère s’éclaircissant avant l’arrivée. Taxi, motel, promenade dans l’avenue principale avec quelques courses pour manger au « General Store » et la nuit arrive. Il va falloir préparer la nav de demain.
La Darling river (plus de 2 700 km) sera notre compagne de route pendant quelques heures. Nous la voyons traînant des eaux couleur de terre, elle nous abandonne à droite ou à gauche, nous la retrouvons à sec, puis avec quelques flaques d’eau, puis encore pleine. Des troupeaux hantent ses berges de loin en loin car c’est ici le pays de la soif, il ne faut pas s’éloigner de l’eau. L’intérieur de l’Australie connaît depuis cinq ans une sècheresse dramatique, si bien que certains endroits, vers Bourke en particulier, qui pratiquaient la culture du coton, ont été complètement abandonnés par leurs habitants. Nous agissons comme les troupeaux, nous gardons le cours de la rivière dans notre champ visuel, on ne sait jamais. Nous ne sommes que de très petits hommes en ces lieux, même avec notre machine volante.
Etape refueling à Charleville sur notre route vers Gladstone, sur la côte est. Opération réalisée sans problème grâce à l’une de nos nombreuses cartes de carburant. Petite visite à des pilotes qui bricolent dans un hangar et on roule. Les essais magnétos au point d’arrêt seront assez laborieux, il faut décrasser une bonne trentaine de fois avec la commande de mixture, avant d’obtenir que la magnéto droite nous donne un régime régulier, pas question de partir sans cela pour deux heures au dessus du désert.
Décollage en milieu d’après midi, après ces opérations, à destination de Gladstone. Vol sans histoire et arrivée sur un terrain encombré à l’une de ses extrémités par un chantier et de nombreux engins. Nous sommes un peu inquiets, pas tout à fait sûrs d’avoir bien interprété les NOTAMs. Atterrissage, roulage vers le parking et au moment du test de coupure au passage sur la magnéto droite, surprise, coupure du moteur. Remise en route, même manoeuvre, même résultat… Un véhicule muni d’un gyrophare s’approche de nous et en descend un « officiel » muni d’un gilet fluo. Qu’avons-nous fait ? Et en plus nous n’avons pas la fameuse ASIC card ! Nous descendons sur la pointe des pieds, bien décidés tout de même à faire valoir notre situation d’emergency au cas où. Mais non, ce monsieur qui est le chef d’aérodrome, vient seulement nous souhaiter la bienvenue, et nous indiquer le parking adéquat. Nous en profitons pour lui expliquer notre problème et lui demander l’ adresse d’un mécanicien. Il nous donne un numéro de téléphone et nous quitte, non sans revenir sur ses pas pour nous glisser à l’oreille le code de la porte. Ouf !
Le mécanicien contacté nous donne rendez-vous à sept heures le lendemain matin. La réparation sera effectuée en 3 heures devant nous après avoir recueilli l’accord du propriétaire de l’avion. Nous aurons même droit à une réduction sur la facture de 334 dollars, « allez, donnez-moi 300 dollars, je n’ai pas de monnaie » nous dit Jane, la femme de Ron, notre mécanicien.
Location de voiture, nous allons écumer les alentours de Gladstone et en particulier nous rendre dans une île corallienne de la grande barrière de corail (Lady Eliott Island). Ile peuplée de petits oiseaux noirs qui sont vraiment chez eux ici et que notre passage ne dérange pas du tout ; cependant rares seront ceux qui échapperont à leurs déjections… Fonds sous-marins de rêve avec coraux et poissons multicolores, tortues vertes géantes.
Prochaine étape, Gladstone — Coffs Harbour, avec un ravitaillement à Lismore. Cette fois-ci nous pouvons nous payer le luxe de décoller à la masse max et non avec 30 ou 40 kg de plus. Il ne nous reste que 50 mn de vol après le ravitaillement pour atteindre Coffs Harbour et le ciel est bleu. Une dizaine de minutes après avoir décollé, un petit coup d’oeil au GPS m’indique un vent de 27 à 30 kt de face, et les collines au loin semblent retenir quelques nuages noirs. Au bout d’une demi-heure, le GPS nous dit qu’il reste encore trente cinq minutes, et le temps ne s’arrange pas, bien au contraire. Une zone militaire nous empêche en plus de rejoindre la côte. Calculs rapides sur le point de non retour, mais il est jugé encore assez loin vu la force du vent, au cas où il faudrait reprendre le cap inverse.
Nous pouvons enfin obliquer vers la côte, mais le plafond descend inexorablement. Enfin sur la mer ! On est quand même plus à l’aise dans ces conditions. Le paysage bien que mouillé doit être beau sous nos ailes mais nous ne pouvons pas vraiment en jouir. 500ft mer, la limite est atteinte mais elle semble se maintenir ainsi. Un avion sur la fréquence nous donne une indication sur la piste en service. Nous écarquillons les yeux pour voir le béton salvateur. Enfin un éclair vert perce à plusieurs reprises l’épaisseur des averses, c’est le phare de ralliement du terrain. Le béton défile enfin sous nos ailes et un tour de piste court et rapide nous dépose dans des gerbes d’eau au sol. Il nous reste encore plus d’une heure et demie de carburant mais quand même.
Roulage vers le parking aviation générale, c’est désert, l’aéroclub est fermé et l’aérogare est loin, nous appelons un taxi pour nous emmener en ville. Nuit réparatrice au best Western et nous louons un véhicule pour visiter la région.
Dernière étape, Coffs Harbour — Sydney Camden où nous devons abandonner XPT qui doit entrer en maintenance. Nous longerons la côte sauf pour un transit de zone militaire qui nous obligera à rester plus d’une demi heure dans un fond de vallée à 5OO ft sol, dans la turbulence ‚pour suivre une voie ferrée très farceuse qui se cache de temps à autre dans des tunnels. Le voyage se terminera par le transit VFR Victor One qui longe la ville de Sydney au dessus de la mer à 5OO ft.
Le circuit

Notre circuit : Wedderburn (Sydney) — Tumut — Lilydale (Melbourne) — Goolwa (Adélaïde) — Port Augusta (refueling) — Balkanoona (Flinders Range) — Broken Hill (refueling) — Bourke — Charleville (refueling) — Gladstone — Lismore (refueling) — Coffs Harbour — Camden (Sydney).
Pour donner un ordre de grandeur, la traversée Est — Ouest Sydney — Perth c’est 15 heures de vol avec un Fb 0,4 Notre circuit a été bouclé en 25 heures de vol Les étapes étaient de deux heures trente à trois heures avec une autonomie de quatre heures de carburant pour cause de masse max.
Alain et Jocelyne, Bernard et Annick



































