Voyage en Corse du 22 au 27 juin 2014

corse2014-image1Dimanche 22. Décollage à 06:00 de Niort, où nous avons participé à la nuit la plus chaude. Dès l’atterrissage à LFOX, quelques heures d’un repos réparateur s’imposent pour être d’attaque pour le décollage de l’après-midi. Maria qui rentre de vol avec F-GUIX a la gentillesse de mettre l’avion à notre disposition avec le plein complet. Chargement et préparatifs de l’avion avec l’aide de Jean qui nous a fait l’amitié de venir nous dire au revoir. Devis de poids, dernier calcul de centrage, dernière météo… Ça y est, tout est prêt.

Décollage vers 16:00 pour Cannes avec Eric aux commandes et début de montée au FL 55. La météo est bonne sur le parcours jusqu’aux Monts du Lyonnais où la nébulosité nous oblige temporairement à descendre vers 3000 ft. Remontée en niveau dès que possible pour aborder le relief alpin. Le SIV Marseille nous informe que la R138 est active et qu’il faut la contourner. Après une rapide estimation d’un nouveau cap, nous prenons l’option d’un contournement par l’Est, relèvement sur le VOR de Cannes, nouveau cap et nous voilà en approche de Cannes où la contrôleuse, manifestement seule, doit faire face à un trafic important. Dans de telles circonstances, les messages radios doivent, plus que jamais, être concis, les actions rapides, les décisions adaptées, les branches précises. Il n’y a pas de place pour l’improvisation… Après ce moment intense, la piste 18 s’offre à nous et Eric pose IX au milieu des « grands » et des montagnes (ça change des plaines de la Beauce…). Direction la pompe pour le plein complet. Problème de lecture de carte réglé grâce à l’aide des avitailleurs qui ont fait preuve d’une extrême gentillesse. Direction le parking où nous arrimons l’avion pour la nuit… (nous le ferons tous les soirs). Après s’être occupés de l’avion il est temps de penser à l’équipage : hôtel, douche, petit resto et rosé frais (si si… le soir on a le droit…).

Lundi 23. Retour à l’aéroport pour les formalités de départ : paiement de la taxe, dernière météo, dépôt du plan de vol. Chargement de l’avion, visite pré-vol, mise en route et c’est parti… Non pas tout à fait… La tour nous annonce que nos messages radios sont inaudibles et que dans de telles conditions nous ne pouvons pas partir pour la Corse… On coupe le moteur, et on cherche d’où cela peut provenir… On a tout passé en revue, vérifié tous les boutons, changé les casques et en désespoir de cause on se résigne à passer un coup de fil au Gama. Maria nous suggère de passer sur la Com 2. Nous sommes sceptiques car nous pensons à une avarie générale de la radio et après essai avec la TWR… Ça marche et nous sommes autorisés à décoller… OUF !

Aux environs de 11:00, décollage vers la mer, passage sur les points de reports et traversée à 3000 ft. On cherche les bateaux au cas où il faudrait envisager de se mouiller les pieds… Il n’y en a pas beaucoup… Terre en vue, passage sur les points de report aux bonnes altitudes et la citadelle de Calvi nous apparait, mais là aussi… Pas le temps de s’y attarder. Le contrôleur nous donne les éléments pour notre intégration directe en base pour la 36 avec un vent de 15 kts dans l’axe et sous un grain (pas géniale la météo…Il faut espérer que ça ne dure pas…).

Le reste de l’après-midi sera consacré à la location d’une voiture, à la recherche d’un bungalow pour le séjour et à la découverte de notre nouvel environnement. Bien entendu, en bons Gaulois que nous sommes, la journée s’est tout naturellement terminée autour d’une table à déguster un sanglier (pas à la broche comme dans la BD, mais en ragout – spécialité corse oblige…) dans un resto du vieux port.

Mardi 24. À mon tour de prendre le manche. Décollage de Calvi, direction la vallée de la Balalina jusqu’à Corte qui devait initialement être notre port d’attache, mais dont la piste a été fermée sur décision du Maire jusqu’en septembre. Quelques tours dans la vallée, un passage vertical les installations et nous entamons une montée lente et régulière vers le col de Vizzavona. Au passage du col, nous découvrons une vue magnifique sur la baie d’Ajaccio à gauche et la baie de Savone et Porto à droite. Lente descente vers 1000 ft pour longer la côte jusqu’au golfe de Porto-Vecchio en passant par Bonifacio. Pour varier les plaisirs, nous entrons un peu dans les terres pour faire un touché à Figari et décidons de revenir à Calvi en longeant la côte (pas trop dure la nav…).

Un casse-croute, une petite sieste (après tout on est en vacances) et nous décidons de redécoller pour faire le tour du Cap Corse. Belle lumière de fin de journée qui nous fait découvrir des paysages différents et des criques merveilleuses. Après le passage du Cap Corse, nous informons Bastia que la nébulosité nous oblige à monter. Nous stabiliserons à 4500 ft et prendrons un cap Ouest sur cette mer de nuage (féerique…), puis redescendrons lentement vers le golfe de de Saint-Florent, puis d’Ile Rousse.

Après une longue finale pour la piste 18 de Calvi et après avoir bichonné l’avion, nous nous rendons au bureau MTO pour la prévi du lendemain… On a bien fait d’arrimer l’avion car un vent de 15 Kts avec rafales à 30 Kts (35 au Cap Corse) est annoncé.

Mercredi 25. Après une nuit ventée et contents de ne pas être sous la tente, nous nous rendons à l’aéroport pour vérifier l’arrimage de l’avion et nous arrêtons au bureau MTO qui confirme que le mauvais temps est bien installé pour la journée. Retour en ville, visite de la citadelle, resto sur la plage et… sieste (encore).

Jeudi 26. On fait les valises… Formalités de départ du camping, retour à l’aéroport. Bureau météo pour la prévi de la journée et celle du lendemain. Pendant qu’Eric rend la voiture, je prépare l’avion et nous décollons pour Propriano par la côte, où nous attendent des amis d’Eric à qui il va faire découvrir leur magnifique pays « d’en haut » et avec qui nous allons passer une merveilleuse soirée dans leur maison typique sur les hauteurs de Propriano.

Barbecue, détente et rigolade… On est bien, mais il faut aller se coucher car la journée du lendemain sera longue.

Vendredi 27. Tout le monde debout à 05:00, un café, une tartine et en route pour l’aérodrome. La machine est prête à 06:00 pour le retour par la côte vers Calvi. Eric décolle dans une légère brune matinale avec un beau soleil levant à l’horizon… Magnifique arrivée à Calvi environ une heure plus tard pour le règlement de la taxe d’atterrissage et le plein complet.

Nous enfilons les gilets de sauvetage, un dernier pipi et c’est parti pour le retour vers Etampes. Cette fois-ci, c’est moi qui m’y colle. Décollage, W à 1200 ft, WC à 2000 ft et nous montons au FL 85. Nous sommes au dessus d’une couche éparse et nous constatons qu’il n’y a pas davantage de bateaux qu’à l’aller. Vue merveilleuse sur le golfe de Saint-Tropez, passage à proximité de Cuers, du Luc, de Vinon, de la base d’Apt, du Mont Ventoux, survol de la vallée du Rhône, puis du Massif Central jusqu’à Saint-Etienne.

Posé à Saint-Etienne vers midi, refuelling durant lequel un membre de l’aéroclub vient à notre rencontre et nous demande si nous sommes contents de IX. Etonnés de cette question, nous répondons par l’affirmative et apprenons que IX était auparavant basé à Saint-Etienne !

Compte-tenu de l’incertitude de la météo en Ile de France en milieu d’après-midi, nous décidons de reprendre l’air le plus vite possible afin d’arriver à Etampes avant la perturbation. Vol à 4500 ft presque tout le long du parcours, mais l’arrivée du front nous oblige, au fur et à mesure à descendre vers 3000 ft, puis 2500 ft. On s’annonce à LFOX et on se pose en 24.

Après l’atterrissage, nous avons juste eu le temps de faire une grande toilette à IX et à peine les formalités de retour accomplies, le ciel commence à s’assombrir et il se met à pleuvoir… Bonne interprétation des bulletins météo, (au passage, un grand merci aux analystes météo de Calvi pour leur gentillesse et leur disponibilité), bon timing et sage décision de ne pas s’être attardés à Saint-Etienne.

Nous sommes rentrés ravis de notre voyage qui a été riche en paysages magnifiques, en rencontres agréables, en bons moments… (c’est ce qu’on attend tous de nos vacances), mais également riche en enseignements aéronautiques et en expérience. Nous devions partir en PF, avoir Corte comme port d’attache, dormir sous la tente… nous sommes partis en IX, Calvi a été notre point d’attache et nous avons gouté au confort d’un bungalow. J’en profite pour adresser un grand merci au gestionnaire « potentiel avion » pour son aide précieuse ainsi qu’aux membres du GAMA qui ont consentis à différer leurs vols du dimanche pour nous permettre de partir (ça, c’est l’esprit Club… chapeau). Nous avons eu le bonheur d’effectuer plus de 18 heures de vol (également réparties à 7 minutes près) et de parcourir près de 2000 NM. Tout ne s’est pas déroulé comme prévu, mais tout s’est très bien passé et… toujours dans la bonne entente en vol comme au sol et dans la joie de partager des moments inoubliables…

Il faut maintenant penser à un autre voyage et pourquoi pas… à plusieurs avions…

Serge Ledogar & Eric Gounelle