Histoire du GAMA

NOTA : pour l’histoire de l’aérodrome d’Étampes-Mondésir où est basé le GAMA, merci de vous reporter à l’excellente page Wikipedia sur le sujet, ainsi qu’à la page – toujours sur Wikipedia – consacrée à la base aérienne 251 de Mondésir.

gama-logo-250x2501936. Alors que l’aviation militaire acquiert ses lettres de noblesse, le pouvoir politique se trouve confronté à la nécessité de recruter et former en nombre du personnel naviguant pour cette nouvelle arme. Les bourses de pilotage s’avérant insuffisantes et l’aviation privée, coûteuse et élitiste, n’assumant pas son rôle prosélyte, naît alors le concept d’Aviation populaire.

Créée à l’initiative du Ministre de l’air Pierre Cot, l’Aviation populaire doit devenir la pépinière de pilotes désireux de s’engager qui manque alors en France. Elle a pour doctrine de « promouvoir et développer l’esprit aérien en France, et par-là même, favoriser le recrutement au niveau de l’Armée de l’Air, tant dans l’active que dans la réserve« . Rattaché directement au cabinet du Ministre de l’air – dirigé par un certain Jean Moulin – le Service de l’aviation populaire voit le jour le 31 juillet 1936. Placé sous l’autorité d’un officier supérieur de l’armée de l’air, il a pour mission de développer le goût pour les choses de l’air et de sélectionner les meilleurs éléments pour l’aviation militaire. Il est précisé que « ce service doit travailler en liaison constante avec l’Etat-major général de l’armée de l’air, en vue de satisfaire autant que possible aux besoins exprimés par ce dernier. L’Aviation populaire, qui est dans le domaine de l’Aviation ce que l’école unique est dans celui de l’enseignement, permet à tous les jeunes de France d’acquérir gratuitement les différents brevets de tourisme de pilotage d’avions. Cependant seuls les meilleurs d’entre eux sont appelés, s’ils le désirent, à venir grossir les rangs de nos équipages militaires« .

C’est dans ce contexte que nait le « Groupe aéronautique du ministère de l’air ».

La guerre

De multiples Sections d’aviation populaire (SAP) sont alors créées et pour la plupart rattachées aux aéro-clubs existants. L’Etat fournit les avions, paie les moniteurs, les mécaniciens et les personnels administratifs, et accorde de généreuses subventions. Ce soutien exceptionnel profitera à nombre d’aéro-clubs qui parfois détourneront malheureusement l’esprit du concept fondateur.

Si le concept ministériel était clair, la finalité des Sections d’aviation populaire est sujette à polémiques exacerbées par le contexte politique tendu de la deuxième moitié des années 30. Ainsi, l’Aviation populaire constitue-t-elle une louable tentative de démocratisation du sport aérien, ou n’est-elle autre qu’une pourvoyeuse de personnels qualifiés pour les forces aériennes ?

Les prémices de la guerre qui s’annonce entraîneront inéluctablement une militarisation de l’institution pour le compte exclusif de l’Armée de l’air, avec une orientation de l’instruction vers les différentes spécialités navigantes d’alors : pilotes, mitrailleurs, navigateurs, mécaniciens, radio-électriciens. Un décret du 1er avril 1939 concrétise cette évolution, en transformant les SAP en « Aviation pré-militaire » placée sous la responsabilité directe de l’Armée de l’air. Des milliers de jeunes gens (les jeunes filles étaient alors exclues) formés par l’Aviation populaire, très peu furent engagés en 1939. Seules les pertes subies pendant la Bataille de France entraîneront l’engagement de cette ressource, qui s’illustrera tant en combat aérien que dans la Résistance.

Débuts & fin à Orly

Orly en 1926 (Wikipedia)

Orly en 1926 (Wikipedia)

Comme le rappelle son nom, le GAMA fut dès sa création rattaché au Ministère de l’air, avec pour mission « de former des pilotes, de faire voler le personnel navigant et non navigant du Ministère de l’Air dans des conditions avantageuses ». Installé à l’origine sur l’aérodrome d’Orly, qui n’est pas encore l’aéroport que nous connaissons aujourd’hui, le GAMA se montre fort actif avec un parc de 15 appareils construits pour l’aviation populaire : Caudron Luciole, Salmson Cri-Cri, Farman 451 et Potez 43.

sgacTransformé en 1939 en section prémilitaire, il poursuit son activité d’école de pilotage à Saint-Cyr l’Ecole sous la tutelle de l’Armée de l’Air, jusqu’à la Débâcle de 1940. La guerre interrompt ensuite ses activités. En 1949, le Secrétariat général à l’aviation civile (SGAC), ancêtre de la DGAC actuelle, crée à Saint-Cyr l’Ecole le Cercle aéronautique du SGAC, avec des anciens du GAMA d’avant-guerre, dont l’ancien chef pilote. Le Cercle aéronautique du SGAC est donc un peu le réel héritier du GAMA originel.

Renaissance aux Mureaux

En 1960, des anciens du GAMA des premières années, fonctionnaires de l’Aviation civile, officiers et sous-officiers de l’Armée de l’air, décident de faire renaitre l’association.

L’inspiration leur vient du club du Centre d’essais en vol, au sein duquel volent certains d’entre-eux. Les statuts, votés en assemblée générale du 17 février 1961, sont déposés à la Préfecture de la Seine sous le numéro 2431 du 6 mai 1961. La première présidence du GAMA est assurée par M. l’Ingénieur général Louis Bonte, secondé par le Contrôleur Jean Rousseau, vice-président, M. Bachère, trésorier, et M. Arbey, secrétaire général. Ce dernier était toujours membre du club en 2000.

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Le Stampe F-BMMA, au GAMA jusque dans les années 90

Le GAMA nouveau débute son activité sur le terrain des Mureaux. Sa dotation initiale de deux Stampe d’Etat, à cocardes, et d’un Morane « Super Rallye », sera progressivement renforcée par un Jodel 117, un SIPA 903 et un NC 859. En 1964, le club achète un Wassmer WA-41 « Baladou » et le fait baptiser par Madame Jacqueline Auriol.

Seventies : au premier plan

En 1970, le parc aérien comprend 4 Stampe, 2 Morane « Rallye », 1 Robin « Dauphin » et 2 Piper. Le nombre d’adhérents, en constante augmentation, et le nombre important de brevets délivrés en font alors un aéroclub de premier plan.

Revue des troupes…

Les années 1974-1976 voient le club traverser d’importantes difficultés financières et subir de nombreux incidents. Afin d’éviter le naufrage, le chef d’état-major de l’Armée de l’air d’alors, le Général Saint-Cricq, propose un protocole d’accord, signé en août 1977. Cet accord voit le GAMA bénéficier d’une assistance de la part de l’Armée de l’air, sous réserve que les militaires membres de la section vol moteur de l’A.S.C.AIR (association sportive et culturelle de l’Armée de l’air) puissent exercer à des tarifs préférentiels sur les avions du GAMA. C’est le commissaire Jean Bouillaud, de l’EMAA, qui prend alors la présidence du club.

Instructeurs et marqueurs opérations au GAMA, un service militaire original

Instructeurs et marqueurs opérations au GAMA, un service militaire original

Le GAMA s’installe sur l’ancienne base aérienne 251 de Mondésir, en bordure de l’aérodrome d’Etampes, dans le hangar HM2 qu’il occupe toujours aujourd’hui. L’Armée de l’air apporte un soutien direct, concrétisé notamment par la mise en place de personnels, sous-officiers d’encadrement, pilotes instructeurs, aides mécaniciens avions et secrétaires opérations. De nombreux appelés du contingent, dont beaucoup sont aujourd’hui des professionnels reconnus de l’aviation civile ou militaire, effectuent ainsi au GAMA un service national atypique.

Le chef pilote d'une prestigieuse école professionnelle de "ch'nord" se reconnaitra :-)

Le chef pilote d’une prestigieuse école professionnelle de « ch’nord » se reconnaitra 🙂 (à gauche)

La poigne du Général

Général Michel Forget

Ce soutien de l’Armée de l’air se structure et s’étoffe sous l’impulsion du Général Michel Forget, président du GAMA de 1984 à 1995, qui donnera au club sa personnalité « d’aéro-club de l’Armée de l’air ». Afin de renforcer ses liens avec l’Armée de l’air, le GAMA adopte en janvier 1998 les statuts de Club sportif et artistique (CSA) de la Défense, et devient, dans le cadre d’une nouvelle convention, un organisme militaire rattaché administrativement à la Base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge.

Le club conserve cependant toute son autonomie en tant qu’aéroclub affilié à la Fédération nationale aéronautique (aujourd’hui Fédération française aéronautique). A la fin des années 1990, à son apogée, le GAMA compte en moyenne 300 à 350 adhérents, effectue 5000 à 5500 heures de vol par an, dont la moitié consacrée à l’instruction, et forme annuellement jusqu’à 30 nouveaux brevetés avec un parc aérien de 14 appareils de 5 types différents. Agréé « Organisme de formation déclaré » par la DGAC, le 1er juillet 1999, le GAMA est désormais apte à assurer le formation des pilotes privés en conformité avec les normes européennes JAR-FCL adoptées par la France.

vueaerienne-300x277Aujourd’hui parmi les clubs les plus dynamiques de la plateforme d’Etampes, le GAMA poursuit sa vocation de promotion de l’aviation dans un esprit de bonne camaraderie que ne rendent pas facile les origines géographiques éloignées de nombre de ses membres.